Plusieurs vagues d’enquêtes d’opinion produites par Arab Barometer, un centre de recherche qui se définit comme non partisan et regroupe plusieurs universités américaines et groupes de chercheurs régionaux, permettent d’expliquer de manière précise les sources du soulèvement et montrent qu’il s’apparente aux révoltes politiques des « printemps arabes » de 2011.
Ces enquêtes révèlent, dès 2016, une évolution très nette de l’opinion en faveur d’un soulèvement populaire. L’Algérie se singularise des autres pays de la région par une forte coïncidence entre un niveau élevé de griefs de la population, révélés par un très faible niveau de confiance dans le gouvernement, et une grande aspiration au changement politique, avec un très fort engagement pour la démocratie. Entre 2013 et 2016, le niveau de confiance dans le gouvernement s’est effondré (le score passe de 70 en 2013 à 35 en 2016), se situant en 2016 au niveau le plus bas de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord.
En revanche, le « sentiment de sécurité physique personnelle ou familiale » s’est amélioré entre les deux dates, passant de 50 en 2011 à 56 en 2013, et 60 en 2016, un niveau situé au-dessus des autres pays de la région, près d’une décennie après le retour de la paix civile que la loi de concorde nationale de 1999 avait autorisé. Malgré l’acharnement du pouvoir à jouer sur la peur des années 1990, ce « capital peur de l’insécurité » a donc volé en éclats. Le spectre d’une « menace islamiste » ne semble plus opérer non plus, les partis islamistes modérés ayant été intégrés au jeu politique.
Fortes aspirations à la démocratie politique













0 comments :
Enregistrer un commentaire
التعليق على هذا المقال