Repéré pour sa voix de crooner, le jeune Cooke quitte le Chicago de son enfance pour tourner avec les Soul Stirrers, un groupe de gospel. Il entame en 1957 une carrière solo, embrasse la « musique du diable » et signe quatre albums soul avant de nouer contrat avec le label RCA, qui lui permettra d’atteindre la gloire mais le flouera d’une grande partie de ses royalties.
Avènement du Black Power
Comme dans Green Book, de Peter Farrelly actuellement en salle, le documentaire a l’intérêt de montrer les tournées des artistes noirs dans le Sud profond, encore sous le coup des lois Jim Crow, qui organisent la ségrégation. Une réalité contre laquelle Sam Cooke, extrêmement populaire, tenta de lutter, notamment en refusant de jouer dans des théâtres où les publics blanc et noir étaient séparés.
Pour les nombreux artistes et amis interrogés dans ce documentaire – Quincy Jones, Dionne Warwick, Smokey Robinson… –, l’amitié entre Sam Cooke, Muhammad Ali et Malcolm X préfigure l’avènement du mouvement Black Power à la fin des années 1960. Ensemble, les trois hommes commencent à peser sur la scène médiatique et artistique, et, en toute logique, le FBI s’intéresse à eux. De là à affirmer que la mort de Sam Cooke relève du complot, il n’y a qu’un pas, que le documentaire se garde bien de franchir, préférant souligner très justement que l’on ne saura jamais la vérité car aucune enquête n’a été menée. A Watts, quartier de Los Angeles, il ne s’agit que d’un « Noir mort de plus ». Un an plus tard, en 1965, des émeutes d’une violence inédite embraseront le quartier, tuant 34 personnes.
Par Audrey Fournier/lemonde.fr













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